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Bilan de notre saison apicole 2026

📅 septembre 2, 2026 🕐 7 min de lecture ✍️ Par Jérémie lafond
Bilan de notre saison apicole 2026


🐝 Les bilans de fin de saison sont toujours un moment important pour nous. Ils permettent de retracer le chemin parcouru, de prendre du recul sur les mois écoulés, mais surtout d’essayer de comprendre ce qui a fonctionné, ce qui a moins bien fonctionné et comment nous pourrons adapter nos décisions pour les prochaines saisons sur notre ferme apicole. Et cette année 2026, il y a beaucoup à dire — une année rude pour les nerfs, et chaude pour les abeilles.

🌸 Un printemps qui avait pourtant donné de l’espoir

Nous avons commencé la saison avec un certain retard dans le développement de nos colonies par rapport aux années précédentes. Dans le Jura, le printemps a été assez poussif, alors qu’à seulement quelques kilomètres, côté Bourgogne, la situation était totalement différente.

Certains secteurs ont connu un printemps particulièrement intense, notamment sur le colza, avec des niveaux de production impressionnants. Nous attendons encore les chiffres définitifs pour savoir si l’on peut réellement parler d’une année record pour les récoltes de printemps.

De notre côté, malgré ce démarrage plus lent, la saison commençait tout de même sous de bons auspices et nous laissait espérer une belle année.

🌳 Puis est arrivé l’acacia… et le froid

Au moment de la floraison de l’acacia, un épisode de froid est venu casser la dynamique des colonies.

Les abeilles ont ralenti leur activité au moment même où nous aurions eu besoin de colonies très fortes pour profiter de cette miellée particulièrement courte et fragile.

Les colonies ont ensuite réussi à repartir sur la ronce, puis sur les miellées de forêt.

À ce moment-là, nous pouvions encore espérer une saison correcte. Sur une année « normale », avec le potentiel des colonies et les conditions du printemps, elles auraient probablement récolté comme à leur habitude, voire davantage.

Mais la suite de la météo en a décidé autrement.

☀️ Une succession de canicules et de sécheresses

L’hiver nous avait pourtant donné de l’espoir.

Après plusieurs années compliquées, les pluies avaient permis à une grande partie de la France de retrouver des niveaux de nappes phréatiques normaux, voire localement excédentaires.

Nous pouvions donc raisonnablement imaginer une saison plus longue, avec davantage d’humidité dans les sols et des végétaux capables de continuer à produire du nectar pendant l’été.

Malheureusement, la succession de périodes de fortes chaleurs et de canicules a rapidement changé la donne.

La végétation a souffert, les sols se sont asséchés et les miellées se sont progressivement arrêtées.

Sur certains de nos secteurs, nous n’avons pratiquement plus observé de rentrée significative de nectar depuis la mi-juin ou le début du mois de juillet.

Et cela, à ce niveau-là, nous ne l’avions encore jamais vécu.

🍯 Des colonies qu’il a fallu nourrir en plein été

Depuis cette période, les situations sont très différentes selon les ruchers et les colonies.

Certaines colonies disposent de réserves suffisantes et traversent relativement bien cette période. D’autres, en revanche, ont consommé énormément et ont nécessité des nourrissements importants.

Il ne s’agissait plus de stimuler les colonies ou d’essayer d’améliorer une production : il fallait simplement les nourrir pour éviter qu’elles ne meurent de faim.

Il faut également comprendre que lors des épisodes de très fortes chaleurs, les abeilles ne travaillent pas normalement.

Lorsque les températures deviennent excessives, une partie importante des abeilles reste mobilisée pour ventiler et refroidir la ruche. Elles doivent également chercher de l’eau et, aux heures les plus chaudes, l’activité extérieure peut fortement diminuer.

Et même lorsqu’elles peuvent voler, encore faut-il trouver des fleurs capables de produire du nectar dans ces conditions…

🌿 Quelques signes encourageants en cette fin d’été

Heureusement, depuis peu, les températures redeviennent plus supportables.

Nous commençons même à observer quelques petites rentrées de nectar sur certains secteurs.

C’est encourageant, mais cela restera malheureusement insuffisant pour permettre à toutes les colonies de reconstituer naturellement les réserves nécessaires pour l’hiver.

Nous espérons maintenant que l’arrière-saison sera favorable au lierre, une ressource particulièrement importante à cette période de l’année.

Une belle floraison, accompagnée de températures suffisamment douces et d’un peu d’humidité, permettrait aux abeilles de travailler encore quelques semaines et de compléter une partie de leurs réserves avant l’hiver.

🍯 Des conséquences directes sur notre production de miel

Vous l’aurez compris : cette saison 2026 aura été particulièrement compliquée concernant la production de miel.

Certaines récoltes seront très faibles et certains de nos miels habituels seront malheureusement absents.

C’est notamment le cas de l’acacia et du sapin, qui devraient rester absents de nos rayons jusqu’à la prochaine récolte.

Nous n’avons tout simplement pas suffisamment de stocks issus des années précédentes pour pouvoir compenser une mauvaise année comme celle-ci.

C’est aussi cela, l’agriculture : notre production reste directement dépendante de la météo, des floraisons et des conditions que rencontrent nos abeilles.

🍯 Ce qui manquera cette année
  • Miel d’acacia — absent jusqu’à la prochaine récolte
  • Miel de sapin — absent jusqu’à la prochaine récolte

👑 Et du côté de notre élevage ?

Concernant notre activité d’élevage de reines et de production d’essaims, le bilan est heureusement plus positif.

Globalement, nous avons réussi à honorer nos commandes et à réaliser nos distributions dans les délais prévus.

La fin de saison, notamment les dernières distributions de juillet, a cependant été beaucoup plus compliquée.

Les fortes chaleurs ont eu des conséquences directes sur certains élevages et certaines fécondations. Nous avons notamment rencontré davantage de reines présentant ensuite des problèmes de ponte, avec parfois uniquement de la ponte de mâles, ainsi que davantage de colonies ayant eu du mal à se développer correctement.

Face aux conditions météo et au manque de ressources, nous avons également pris la décision de ne pas refaire d’essaims en fin de saison, contrairement à ce que nous avions l’habitude de faire les années précédentes.

Produire davantage d’essaims n’aurait eu aucun sens si nous n’étions pas certains de pouvoir ensuite leur assurer un développement suffisant avant l’hiver.

🐝 Une saison qui nous oblige encore une fois à nous adapter

L’apiculture nous rappelle chaque année qu’il est difficile de prévoir ce qui se passera quelques semaines plus tard.

On peut préparer les colonies, anticiper les floraisons, choisir les emplacements, organiser les élevages… mais nous restons extrêmement dépendants de la météo et de notre environnement.

Cette saison 2026 nous donnera donc encore beaucoup de matière à réfléchir cet hiver : implantation de nos ruchers, gestion des réserves, élevage, renouvellement des colonies et adaptation de nos pratiques face à des épisodes de chaleur qui semblent devenir de plus en plus fréquents et intenses.

Une chose est certaine : nous continuerons à nous adapter pour prendre soin au mieux de nos colonies.

Bref : une année rude pour les nerfs, chaude pour les abeilles… et tout aussi chaude pour les apiculteurs ! 🐝☀️

Maintenant, nous croisons les doigts pour une belle arrière-saison, un peu de pluie, du lierre… et surtout des colonies en pleine forme pour préparer 2027. 🤞🐝

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